La première étape vers l’adoption d’une norme
tunisienne est l’établissement d’un programme de
normalisation après consultation des différents partenaires
nationaux et composé d’avant-projets de normes tunisiennes. Ces derniers sont
préparés par les services techniques de l’INNORPI.
Les avant-projets de normes tunisiennes sont étudiés
au sein d’un groupe de travail comprenant un nombre restreint de compétences
techniques dans les domaines concernés. Les avant-projets de normes ainsi
préparés sont transmis pour examen et adoption au sein de la commission technique
de normalisation compétente. Cette commission est formée des représentants
de toutes les parties concernées par l’objet des normes projetées.
Il existe actuellement 128 Commissions Techniques
de Normalisation. La présidence de chaque Commission Technique
de Normalisation est confiée à l’un de ses membres. Le secrétariat est assuré
par l’INNORPI. La décision de créer une commission technique relève de l’Institut
qui en fixe le domaine d’activité.
L’élaboration d’une norme tunisienne est l’aboutissement
d’un consensus entre les membres de la commission technique.
Une fois adopté, l’avant-projet de norme devient
un projet de norme qui doit être soumis à l’enquête
publique qui fait l’objet d’une annonce dans la partie « officielle
de la normalisation » sur le bulletin de l’Institut MUWASSAFAT.
L’enquête publique a pour objectif de permettre
à tout un chacun d’en prendre connaissance et de formuler ses observations
dans un délai de deux mois à partir de sa publication.
Lorsque des observations sont formulées au courant
de la période précitée, le projet repasse devant la commission technique concernée.
Selon les résultats de l’enquête publique, le
projet de norme est soit enregistré en tant que norme tunisienne enregistrée
lorsqu’aucune observation fondamentale n’est soulevée, soit renvoyé pour
réexamen devant la commission technique lorsqu’il donne lieu à des modifications
importantes, soit présenté à l’arbitrage du Ministre chargé de l’industrie,
en cas d’apparition de difficultés pour l’obtention d’un consensus, lequel
ministre tranchera pour la solution à retenir définitivement comme répondant
à l’intérêt général.
Les documents à contenu normatif, dont la valeur
technique est suffisamment reconnue sont adoptés sous forme de normes enregistrées
dont l’application est facultative.
Cependant les documents normatifs qui :
doivent
servir de référence dans une réglementation,
concernent des
biens et des services ayant un effet d’entraînement important sur l’économie
du pays,
concernent l’intérêt
public, l’hygiène, la santé, la sécurité ou la protection des personnes et
de l’environnement,
sont susceptibles
d’être utilisés pour régler des litiges,
seront soumis à la procédure d’homologation des normes qui leur confère
le caractère obligatoire.
La procédure d’homologation des projets de normes
est décrite dans le décret n° 83-724 du 4 août
1983 fixant les catégories de normes et les modalités de leur élaboration
et de leur diffusion.
L’homologation d’une norme peut, par ailleurs, être décidée sur proposition
du Ministère concerné par son application, ou encore par la publication, dans
le Journal Officiel, d’un Règlement Technique faisant référence à la norme
en question. Le Règlement Technique peut tout aussi bien faire référence à
une norme tunisienne facultative en vue de rendre son application obligatoire,
selon les termes de références exigés par le Ministère concerné.
Les normes tunisiennes peuvent servir comme références ou être citées dans
une réglementation ou dans les cahiers des charges des marchés passés par
l'Etat (cliquez ici pour consulter
un extrait du décret portant réglementation des marchés publics), les Conseils
des gouvernorats, les communes, les entreprises et les établissements publics
et privés, auquel cas, leur application devient alors obligatoire.
La
législation tunisienne en matière de normalisation a prévu les cas où
des difficultés apparaissent lors de l’application des normes homologuées,
des dérogations
peuvent alors être accordées.